Accès aux toilettes/Anne Ouloto : « L’Ivoirien émergent ne doit pas faire ”caca” dans la nature»

Selon une enquête du Programme de suivi conjoint Unicef-Oms (Jmp 2018), seulement 32% des personnes vivant en Côte d’Ivoire ont accès à un service d’assainissement amélioré, soit 7,8 millions d’habitants sur les 26 millions que compte le pays. Le taux de défécation dans la nature, à l’échelle nationale, est de 25,6%. Il est de 8% en milieu urbain et de 44% en zone rurale.
Au regard de ces données, ce sont donc, au dire d’Anne Désirée Ouloto, « environ 7 millions d’Ivoiriens qui défèquent à l’air libre ». La ministre de l’Assainissement et de la Salubrité (Minass) l’a fait savoir hier à Abobo Sagbé (Derrière rails), lors de la cérémonie officielle décalée de la Journée mondiale des toilettes (Jmt), célébrée le 19 novembre de chaque année. L’édition de cette année a pour thème : « Assainissement durable et changement climatique ».

Anne Ouloto a indiqué que le mot d’ordre pour la Jmt 2020 est d’accentuer la sensibilisation et de corser la campagne, non seulement, pour l’accès de tous à des toilettes décentes, mais surtout de garantir la durabilité de ces dispositifs afin qu’ils résistent aux effets néfastes des changements climatiques. « « L’Ivoirien émergent ne doit pas faire “caca” dans la nature. Il ne doit pas non plus le faire dans un sachet pour le jeter n’importe où », a martelé la ministre de l’Assainissement et de la Salubrité devant ses hôtes d’Abobo.

Elle a exhorté les Ivoiriens à doter leur cadre de vie, leur habitation, de systèmes d’évacuation des excrétas. « Le Président Alassane Ouattara ne veut pas que nos villes et villages soient sales à cause de nos déchets. Nos matières fécales ne doivent plus couler dans les rues », a dénoncé Anne Ouloto. Soulignant que « tout citoyen doit disposer d’un assainissement durable, ainsi que d’eau propre et d’un dispositif de lavage des mains afin de protéger sa santé et d’enrayer la propagation de maladies infectieuses mortelles telles que la Covid-19, le choléra, la diarrhée et la typhoïde ».

En la matière, a tenu à rappeler la ministre, « le gouvernement ivoirien a déjà fait beaucoup d’efforts ». Il a construit des centres de traitement de boues de vidange. Il a lancé, avec l’aide de ses partenaires internationaux, dont l’Unicef, un vaste programme de latrinisation. 1500 latrines durables ont été réalisées en milieu scolaire dans huit régions en 2020. Le programme va s’étendre à toutes les contrées de la Côte d’Ivoire à l’horizon 2023.

La représentante du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), Dina Rakotoharifetra, a insisté sur le droit pour tout le monde, les enfants en particulier, d’avoir accès à des toilettes adéquates qui leur permettent de se soulager dignement. « Il faut séparer l’être humain de ses excréments pour éviter les maladies », a préconisé la représentante de Marc Vincent, représentant résident de l’Unicef en Côte d’Ivoire.

Dina Rakotoharifetra a rassuré que l’Unicef ne ménagera aucun effort pour jouer sa partition tant qu’un enfant est privé de toilettes et d’un environnement sain.

Aux nombreuses organisations féminines et communautaires qui ont pris part à l’événement, Anne Ouloto a offert un important équipement d’assainissement dont des poubelles, des serviettes hygiéniques, des seaux et des dispositifs de lavage des mains.

auteur : Germain Gabo

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