AFFAIRE GUILLAUME KIGBAFORI SORO CONTRE L’ETAT DE COTE D’IVOIRE

AFFAIRE GUILLAUME KIGBAFORI SORO CONTRE L’ETAT DE COTE D’IVOIRE

AFFAIRE GUILLAUME KIGBAFORI SORO CONTRE L’ETAT DE COTE D’IVOIRE

Décision de la CADHP, procès du Président de GPS et retrait par la Côte d’Ivoire de sa Déclaration de compétence à la Cour Africaine

COMMUNIQUE DE l’ANC

Le 22 avril 2020, la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), basée à Arusha en Tanzanie, à l’issue de longues délibérations, avait rendu, à l’unanimité des onze juges qui siégeaient, une décision dans l’affaire Guillaume Kigbafori SORO contre l’Etat de Côte d’Ivoire. Dans son jugement, la juridiction africaine indépendante d’obédience internationale, a fait observer que le mandat d’arrêt délivré contre Guillaume SORO par la justice ivoirienne est illégal, parce qu’il ne respecte pas les formes et procédures juridiques en la matière.

Mieux, la CADHP a fait injonction à l’Etat de Côte d’Ivoire :

1. de surseoir à l’exécution du mandat d’arrêt émis contre Guillaume SORO.

2. de surseoir également à l’exécution des mandats de dépôts décernés contre les députés et cadres de GPS emprisonnés depuis le 23 décembre 2019, au mépris de leur immunité parlementaire pour les uns et de leurs droits fondamentaux pour les autres. En sus, la CADHP a exigé leur mise en liberté provisoire immédiate.

3. de lui adresser un rapport pour la mise en œuvre des mesures provisoires ordonnées dans un délai de 30 jours à compter de la réception de sa décision.

Contre toute attente cependant, alors que Guillaume SORO et ses proches emprisonnés injustement s’attendaient à ce que l’Etat se plie au jugement rendu par la CADHP et procède à la mise en œuvre effective des mesures ordonnées, quelle ne fût leur déception de voir la justice ivoirienne déchirer la décision de la Cour Africaine et demander un procès contre le Président de GPS dans une autre affaire dite de détournements de fonds publics montée elle aussi de toutes pièces.

Au cours d’une mascarade judiciaire ce mardi 28 avril 2020, comme attendu, le Président Guillaume SORO a été reconnu coupable de recel de deniers publics détournés et de blanchiment de capitaux et condamné à 20 ans de prison ferme assortis d’une grosse amende. Et comme si l’Etat de Côte d’Ivoire ne s’est pas suffisamment braqué contre l’autorité de la CADHP, le Gouvernement vient de retirer ce 20 avril 2020, à l’issue d’un Conseil de ministres, sa déclaration de compétence à cette haute juridiction africaine.

L’ANC voudrait, encore une fois, saluer une décision claire et sans équivoque de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples qu’elle considère comme une avancée historique importante pour les droits de l’Homme en Côte d’Ivoire.

En disant le droit, la CADHP a affirmé et affiché clairement son impartialité et sa neutralité et donné à espérer à ces millions d’Africains qui, en Côte d’Ivoire comme dans d’autres Etats du continent, aspirent à leur liberté d’expression, d’opinion et d’action. Pour l’Alliance Nationale pour le Changement, ce verdict est une sévère mise en garde et un désaveu cinglant pour tous ces régimes dictatoriaux et autocratiques africains, y compris le régime de Monsieur Alassane OUATTARA, qui font des persécutions politiques une redoutable arme dissuasive contre leurs opposants.

L’ANC invite l’Etat de Côte d’Ivoire, surtout le Gouvernement de Monsieur Alassane OUATTARA, à avoir une haute conscience de sa responsabilité historique en respectant ses engagements vis-à-vis des juridictions internationales auxquelles il a librement adhéré.

Sa décision du retrait de la déclaration de compétence de la Cote d’Ivoire à la CADHP étant postérieure au jugement du 22 avril 2020, l’ANC considère tout simplement qu’elle est nulle et de nul effet sur le verdict rendu en faveur de SEM Guillaume SORO et ses proches détenus. Par conséquent, l’ANC demande à Monsieur Alassane OUATTARA et à son régime d’arrêter d’instrumentaliser la justice. Le faisant, ils la rendent chaque jour aussi ridicule qu’incompétente aux yeux du monde. Pour l’ANC, cet acharnement de la justice contre le leader de GPS n’obéit ni plus moins qu’à la volonté du pouvoir de Monsieur OUATTARA de

détruire politiquement un adversaire coriace, candidat déclaré à l’élection présidentielle prochaine de son pays qu’il est sûr de remporter. L’ANC apporte son soutien à la CADHP et demande qu’elle ne se rétracte pas et ne recule pas devant les pressions politiques, d’où qu’elles viennent, au risque de se discréditer. La CADHP doit donc poursuivre et conduire à son terme ce dossier. L’ANC appelle la Communauté internationale et les Organisations des droits de l’Homme à être plus attentives et préoccupées face à ce qui se joue en ce moment en Côte d’Ivoire.

Si elles ne jouent pas leurs partitions dès maintenant en interpellant le Président Alassane OUATTARA sur les dérives dictatoriales fragrantes de son régime, il faut craindre de nouveaux troubles pré ou postélectoraux aux conséquences imprévisibles dans le pays. L’ANC tient à féliciter le Président de GPS, Son Excellence Monsieur Guillaume SORO, pour sa victoire judiciaire éclatante rendue par la CADHP, preuve s’il en était besoin, que son combat pour la démocratie, pour les libertés individuelles et collectives, et pour l’unité et la prospérité de la Côte d’Ivoire est suivi et compris.

Pour l’ANC, il ne fait l’ombre d’aucun doute que ce combat là rassemble autour du Président Guillaume SORO la majorité des Ivoiriens, les jeunes et les femmes en particulier vers lesquels vont les priorités et les fondamentaux de son programme de gouvernement pour l’élection présidentielle d’octobre 2020. C’est pourquoi, dans cette adversité sordide que lui oppose le régime RHDP de Monsieur Alassane OUATTARA, l’ANC réitère son soutien indéfectible à SEM Guillaume Kigbafori SORO.

L’ANC encourage tous les exilés forcés, SEM Guillaume SORO à leur tête, et les prisonniers politiques de GPS. L’ANC a une pensée spéciale pour son président, l’Honorable Alphonse SORO, contraint à l’exil lui aussi pour son attachement inébranlable aux idéaux du Président Guillaume SORO. A tous, l’ANC demande de tenir bon.

Fait à Abidjan, le 29 avril 2020

Le Porte-Parole

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JN