Assassinat de Thomas Sankara, Victor Zongo témoigne : « Il avait toutes les informations »

Assassinat de Thomas Sankara, Victor Zongo témoigne : « Il avait toutes les informations »

Ce lundi 22 novembre, le passage des témoins à la barre s’est poursuivi dans le cadre du procès de l’assassinat du capitaine Thomas Sankara.

Adjudant-chef major à la retraite lui aussi, Victor Zongo était un agent de contre-espionnage au moment des faits. À la barre, ce témoin a soutenu fermement que Thomas Sankara a été bien informé de ce qui se tramait contre lui. Au matin, du 15 octobre, le Président du Faso aurait d’ailleurs reçu en mains propres de l’agent de contre-espionnage, Boubacar Tinga Cola, un pli fermé comportant des renseignements que le service avait interceptés et qui évoquaient son assassinat programmé. Des renseignements fournis avec une précision mathématique, puisque le document indiquait, selon le témoin, un « dénouement sanglant de la crise, ce soir (le 15 octobre 1987, ndlr) à 15 heures ».

« Le président a été informé le matin. Il a été renseigné suffisamment à temps. L’information lui a même été transmise en plus d’une cassette audio attestant de la véracité de l’information (jugée urgente) », insiste le témoin. Selon les propos rapportés à ce dernier et qu’il a reversés au tribunal, dans la conversation contenue sur la cassette, on entendait la voix de Jean-Pierre Palm. Continuant sa déposition, Victor Zongo affirme qu’après avoir reçu les documents des mains de l’agent Boubacar Tinga Cola, le Président Sankara aurait déclaré : « c’est irréparable ». Puis il aurait remis un chèque à l’agent en guise de récompense à toute l’équipe du contre-espionnage pour le travail bien fait. La suite est connue de tous.

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Romuald Kwame