CNT : après les arrestations, “le combat cessera, faute de leaders dans leur camp”

En l’état actuel de l’évolution de la situation politique du pays, on peut emprunter à Émile Constant Bombet cette boutade. « Le combat cessera, faute de militants dans leur camp ».

Les jours du Conseil National de la Transition sont-ils désormais comptés ? Difficile de le dire. Mais déjà, Alassane Ouattara a commencé à dérouler le rouleau compresseur. Depuis quelques jours, plusieurs leaders de l’opposition ivoirienne, artisans de la Transition sont mis aux arrêts. Pas plus tard qu’hier, les forces de sécurité ont mis le grappin sur Pascal Affi N’Guessan, porte-parole de l’organe.

Autant dire que l’opposition ivoirienne traverse actuellement une période des plus difficiles. Le combat va-t-il cesser à la suite de cette foire d’arrestations ? En tout cas, on peut aisément se rendre compte que la démarche du pouvoir RHDP est de casser l’élan de l’opposition. Le Procureur avance surtout des arguments de sédition.

En Côte d’Ivoire, étouffer une lutte en arrêtant ses premiers responsables n’est pas une nouveauté. C’est plutôt une stratégie bien connue. Henri Konan Bédié ou encore Guillaume Soro le savent très bien. En 1997, des tensions entre étudiants de la FESCI menés par un certain Guillaume Soro et le pouvoir PDCI avaient particulièrement mis à l’épreuve le ministre de l’intérieur Émile Constant Bombet. Le 04 février 1997, passant à la télévision nationale ce cadre du PDCI-RDA avait déclaré : « Dites à Soro, vous qui savez où il se trouve, que la police est à sa recherche. Si je le vois, il ira en prison. La FESCI est dissoute (…) Dites-leur que le combat cessera, faute de combattants dans leur camp » avait-il lancé. (Yacouba Konaté)

Aujourd’hui en 2020, alors que Henri Konan Bédié et Guillaume Soro sont désormais dans le même camp, la menace d’emprisonnement est employée pour mettre fin à leur activité politique. En définitive, c’est Constant Bombet qui avait raison. Aucun combat ne peut aboutir sans militants. Et dans le contexte actuel, sans leaders. Le RHDP l’a bien compris.

Dégnimani Yéo

Yacouba Konaté, “Les enfants de la balle. De la Fesci aux mouvements de patriotes”, Politique africaine, p.54

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