CĂ”TE D’IVOIRE🇨🇮LA MENACE JIHADISTE A PRENDRE AU SÉRIEUX

CĂ”TE D’IVOIRE🇨🇮LA MENACE JIHADISTE A PRENDRE AU SÉRIEUX

La menace jihadiste se fait plus forte en CĂ´te d’Ivoire, après l’attaque meurtrière contre un poste de l’armĂ©e dans le Nord, Ă  la frontière avec le Burkina Faso, mĂŞme si les autoritĂ©s se veulent rassurantes.

L’assaut menĂ© jeudi par des jihadistes Ă  Kafolo d’un poste mixte armĂ©e-gendarmerie a fait “une dizaine de morts” parmi les militaires, selon le bilan officiel. C’est la première attaque sur le sol ivoirien depuis l’attentat de Grand Bassam en 2016 (19 morts), alors que les pays voisins – Mali, Burkina et Niger -, subissent une multiplication des violences jihadistes depuis plusieurs annĂ©es.

A la diffĂ©rence de l’attentat de Grand Bassam, oeuvre de kamikazes qui avaient ouvert le feu contre des civils sur la plage et des terrasses d’hĂ´tel de la station balnĂ©aire, l’attaque de Kafolo a Ă©tĂ© signĂ©e par des combattants aguerris contre une cible militaire.

“Cela a commencĂ© un peu comme ça au Burkina. Les autoritĂ©s minimisent l’ampleur de la menace. C’est très prĂ©occupant, estime Mahoumoudou Savadogo, chercheur spĂ©cialiste du jihadisme. Si les “jihadistes ont attaquĂ© un poste de l’armĂ©e, c’est qu’ils Ă©taient outillĂ©s et entraĂ®nĂ©s. Qu’ils connaissaient la zone. Il peuvent le refaire”, dans un contexte politique marquĂ© par la prĂ©sidentielle d’octobre.

Pour lui, comme pour le chercheur Lassina Diarra, auteur de “La CommunautĂ© Ă©conomique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CĂ©dĂ©ao) face au terrorisme transnational”, la Katiba Macina, un groupe jihadiste d’origine malienne, essaie de s’installer dans la zone dite des trois frontières (Mali, Burkina, CĂ´te Ivoire), et lorgnerait mĂŞme le Ghana.

La Katiba Macina, crĂ©Ă©e en 2015 par le prĂ©dicateur malien Amadou Koufa, est affiliĂ©e au Groupe de soutien Ă  l’islam et aux musulmans (GSIM), qui a prĂŞtĂ© allĂ©geance Ă  Al-QaĂŻda. Toutefois, c’est bien l’opĂ©ration “ComoĂ©”, lancĂ©e conjointement par les armĂ©es ivoirienne et burkinabè en mai pour dĂ©loger les jihadistes de la zone, qui semble avoir dĂ©clenchĂ© l’attaque de jeudi.

“Il y avait un nid de frelons qu’on a dĂ©rangĂ©. Ca pique mais c’est logique”, note une autre source sĂ©curitaire. “On peut dire que cette partie de la CĂ´te d’Ivoire Ă©tait jusque-lĂ  une sorte de sanctuaire pour les jihadistes”, explique Lassina Diarra.

“Il y a des combattants jihadistes expĂ©rimentĂ©s. L’armĂ©e ivoirienne semble avoir plus de capacitĂ©s que certaines autres de la rĂ©gion, mais sans collaboration avec les autres pays ce sera difficile”, dans un contexte de frontières poreuses. Une source militaire nuance la montĂ©e en puissance de l’armĂ©e ivoirienne: “des efforts ont probablement Ă©tĂ© faits. Mais, lĂ  on a dix morts contre un assaillant tuĂ©, moins de 15 jours après des opĂ©rations de combats dans cette zone rouge. Les soldats devaient ĂŞtre prĂŞts et affutĂ©s. Pourquoi le bilan est si lourd ?”.

Pour lutter contre des tentatives d’implantation dans le Nord de jihadistes, une source haut placĂ©e assurait rĂ©cemment Ă  l’AFP que des mesures de surveillance de mosquĂ©es et de prĂ©dicateurs avaient Ă©tĂ© prises, mĂŞme dans des zones enclavĂ©es, comme Kafolo.

Elle soulignait aussi que le gouvernement avait, dans le cadre d’un meilleur maillage du territoire, inaugurĂ© ou rĂ©habilitĂ© de nombreux commissariats et gendarmeries Ă  travers le pays. Autre question importante, la prĂ©sence ou non de combattants ivoiriens parmi les forces jihadistes. “Pour le moment, il ne semble pas y en avoir ou peu”, selon Lassina Diarra. “Plus le jihadisme est endogène, plus il est dur Ă  combattre. Il ne faut pas espĂ©rer dĂ©raciner en 15 jours des annĂ©es d’implantation”, prĂ©vient Mahoumoudou Savadogo.

PDCI24 avec LSI AFRICA

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