Côte d’Ivoire : les partisans de Laurent Gbagbo attendent impatiemment son retour

Beaucoup d’Ivoiriens voient dans le retour de Laurent Gbagbo au pays un moyen d’apaiser les tensions.

Laurent Gbagbo, l’ancien président ivoirien, dispose désormais de ses deux passeports : l’un ordinaire l’autre diplomatique. Les deux sésames lui ont été donnés par les autorités ivoiriennes à Bruxelles vendredi 4 décembre.

Après avoir appris la bonne nouvelle, l’ancienne première dame Simone Gbagbo a réagi sur sa page Facebook : « Voici une chose de faite ».

Choisi pour se mettre en relation avec les autorités, le secrétaire général du FPI, Assoa Adou, a également réagi. Il demande d’« étudier avec diligence les conditions du retour ». « L’important maintenant, c’est qu’il rentre vite », a-t-il confié à RFI après avoir eu M. Gbagbo au téléphone.

« On a franchi une étape. C’est une preuve de bonne volonté des autorités de ce pays », a commenté pour sa part un membre du gouvernement.

Reste espérer que la joie des partisans de Laurent Gbagbo ne soit pas de courte durée. La Cour pénale internationale doit en effet se prononcer sur un éventuel procès en appel.  En plus l’exécutif ivoirien ne cesse de dire que ce n’est qu’une fois son dossier définitivement refermé par la CPI que son retour sera possible.

Autre chose. Laurent Gbagbo est sous le coup d’une condamnation par contumace à vingt ans de prison pour l’affaire dite du « casse de la BCEAO ». Une condamnation illégale et politique pour ses sympathisants mais que seule une grâce présidentielle pourra y mettre fin.

Un juge de paix

Tandis que le climat politique est tendu depuis l’élection présidentielle, beaucoup voient dans le retour de Laurent Gbagbo au pays un moyen d’apaiser les tensions. C’est en tout cas le point de vue de Justin Koné Katinan, un ancien ministre du Budget et ancien porte-parole de Laurent Gbagbo.

« Il y a des conditions à respecter pour que le débat se passe dans un climat apaisé, les cœurs vidés de tout ressentiment », dit-il.

Jugé pour crimes contre l’humanité, Laurent Gbagbo a été acquitté en première instance par la CPI en 2019. Il vit depuis en liberté conditionnelle à Bruxelles. Ce vendredi, son avocate Me Habiba Touré indiquait dans un communiqué qu’il « envisage de rentrer au cours du mois de décembre ». La loi fondamentale ivoirienne « interdit qu’on maintienne en exil tout ressortissant ivoirien », souligne l’avocate.

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