Coup d’Etat 2015 au Faso : Soro dit sa part de vérité, « Ouattara était à la manoeuvre, j’ai servi de bouclier »

Soro revient dans une interview accordée à l’observateur Paalga sur le coup d’État 2015 au Faso et le rôle de Ouattara.

-Même si votre cas a été résolu diplomatiquement entre les deux Etats, beaucoup de Burkinabé vous en veulent particulièrement pour votre implication présumée dans le coup d’Etat du général Diendéré. Cinq ans après, vous continuez à jurer la main sur le coeur que n’y avez pas trempé d’une manière ou d’une autre et que les fameuses écoutes téléphoniques entre vous et le général Bassolé n’ont jamais eu lieu?

Les burkinabé savent désormais, par la bouche du Général Diendéré lui-même la vérité, que c’est Alassane Ouattara en personne qui a envoyé des armes, des munitions et de l’argent en septembre 2015 pour aider le CND à réussir son coup d’Etat. J’ai donc en réalité servi de bouclier, par respect pour le secret d’Etat. Tout le monde sait que c’est Ouattara qui était à la manoeuvre, et beaucoup s’acharnent encore contre moi, car j’ai bon dos.

On a voulu faire de ma personne le bouc-émissaire de cet épisode triste et douloureux de la vie politique burkinabé, alors même que les responsabilités se situaient à un niveau plus haut. Les relations entre les élites politiques de nos deux pays sont si anciennes et si étroites que ce serait inutile de dire que les Ivoiriens ne pouvaient être entièrement ignorants de ce qui se passait à Ouaga, tout comme les burkinabé n’ont jamais été entièrement ignorants de ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire.

Si on ouvre le chapitre des implications réciproques dans les conflits politiques des uns et des autres des deux pays, il y aura très peu de donneurs de leçons de morale de parts et d’autres de notre frontière. Pouvez-vous jurer la main sur le coeur que des burkinabé n’ont jamais trempé dans des actions de déstabilisation en Côte d’Ivoire ? oeuvrons plutôt pour la paix, la réconciliation, l’Etat de droit et la démocratie au Burkina comme en Côte d’Ivoire. Choisissons résolument le parti des peuples.

-L’ancien PM de la Transition, Yacouba Isaac Zida, qui vous connait très bien, avait affirmé en son temps que lesdites écoutes étaient bien authentiques. Est-ce seulement parce que vos relations s’étaient détériorées qu’il a voulu se venger ?

Cette histoire est une profonde déception personnelle. J’ai considéré cet homme comme un frère. Il m’a trahi, mais finalement à ses propres dépens. Je suis franchement désolé pour lui. Mais en ce qui me concerne, j’ai pardonné et même oublié.

-Comme vous, lui aussi est également contraint à l’exil depuis la fin de la Transition. Quel commentaire en faites-vous ?

Je ne souhaite à aucun africain d’être exilé pour des raisons politiques. Même pas à mon frère , je souhaite qu’un jour il lui soit permis de regagner sa terre natale.

Côte d'Ivoire : Des sources proches du pouvoir évoquent une rencontre entre Blaise Compaoré et le Président Ouattara pour parler du cas Soro - AKODY NEWS

-Quel est l’état de vos relations avec Blaise Compaoré quand on sait que l’ancien président burkinabé est à la fois votre ami et celui de Ouattara ?

Mes relations avec le Président Compaoré n’ont jamais souffert de l’ombre d’un seul nuage.auteur : Guillaume Soro

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