DABOU : LA RUMEUR FAIT FUIR LES ADIOUKROUS ET POUSSE LES ALLOGENES A SE METTRE SUR PIED DE GUERRE.

Vendredi 23 octobre 2020, après avoir traversé le pont Gustave Eiffel à Agneby, qui me permet d’accéder à la commune de Dabou, je passe saluer des connaissances non loin du palais de justice avant d’arriver au centre-ville.

À ma grande surprise, je remarque sans d’abord y prêter une attention particulière, des groups de personnes avec des baluchons légers ou des sacs de bagages qui passent se dirigeant vers Armébé et Agneby, deux villages de la commune, situés à moins cinq kilomètres du centre-ville, en direction de la ville d’Abidjan.

Par la suite, arrivé du côté de l’Hôpital Protestant de Dabou (HPD), sur l’ancienne route de Bouaké, je remarque le même ballet : des processions légères qui passent en direction de Débrimou, Akradio et autres, villages situés dans cette zone de Dabou.Arrivé au quartier Pépinière sur la côtière, même scénario : hommes, femmes, enfants avec sacs de voyages et baluchons, cherchent des voitures ou marchent pour aller à kpass, Mopoyem, Toupah et autres villages, situés sur la côtière en direction de Sassandra. ;.C’est en ce moment que j’apprends que les Adioukrous quittent la ville car les jeunes Dioula ont décidé de « jouer le match retour » le samedi 24 octobre.

Autrement dit, ils ont décidé de se vengerDans le cadre de cette même enquête, j’arrive à Mangorotou et Gnakani les deux secteurs de la ville où ont eu lieu les affrontements qui ont causé des pertes en vies humaines. Dans ces quartiers, les jeunes allogènes sont sur leur garde avec des Check-points, en petits groupes, dispersés dans tous les secteurs du quartier.

Ce sont des comités d’autodéfenses avec une organisation quasi militaire, bien hiérarchisée. Quand je les interroge, ils me disent qu’ils montent la garde par ce qu’on leur aurait dit que tous les villages Adioukrou se sont donné rendez-vous à Débrimou pour « l’assaut final » contre les Dioulas, prévu pour le samedi 24 octobre.En fin de compte, je me rends compte que ce sont des rumeurs distillées par on ne sait qui et qui ont pour objectif d’’entretenir un climat de suspicion néfaste à la paix et au vivre ensemble.

A la prière de vendredi à la grande mosquée, l’imam dans son sermon, incite ses fidèles non seulement à ne pas céder à la rumeur mais en plus, à ne pas les distiller et pour preuve, il affirme que selon certaines rumeurs, un car serait venu de Tengrela pour exfiltrer les ressortissants de cette ville dont il est lui-même membre, pour Abidjan, ce qui est archifaux.

En définitive, par la faute des rumeurs Autochtones Adioukrou et Allogènes, se regardent en chiens de faïence.

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