Guillaume Soro a affirmé qu’ « Alassane Ouattara ira en prison »

Guillaume Soro s’est prononcé sur l’interview d’Alassane Ouattara dans le JDD. L’nacien président de l’Assemblée nationale a affirmé qu’« Alassane Ouattara ira en prison ». Ci-dessous l’intégralité de ses propos.

Chers amis, ce que je suis venu vous dire, c’est que nous devons nous mobiliser. Je sais que parmi vous, certains se disent que le leader a dit que Ouattara ne sera plus président de la République. Le 31 octobre, il n’y aura pas d’élections, mais s’il y a élection, ça sera la honte pour nous. Mais quand moi je dis qu’il n’y aura pas d’élection, le 31 octobre, pourquoi vous êtes inquiets.

C’est moi qui l’ai dit et c’est vous qui êtes inquiets à ma place. Je voudrais vous dire et dire à ceux qui n’ont pas encore bien compris, que Ouattara n’est pas le prochain président de la Côte d’ Ivoire. Je vous dis qu’il ne sera pas le prochain président de la Côte d’Ivoire. Vous, ce que vous devez faire, c’est de mobiliser les populations sur le terrain. Il y a quelqu’un qui m’a dit, Guillaume, mais s’il y a deux personnes qui votent, Ouattara va s’autoproclamer président, et moi j’ai répondu que même s’il s’autoproclame président, nous n’allons pas le reconnaitre comme président, c’est tout. Il sera le président de ces deux personnes mais pas le président de la Côte d’Ivoire.

Parce que nous opposition, nous allons nous organiser avec les Nations Unies et tout le monde pour enclencher un processus électoral démocratique, transparent et inclusif qui permettra au peuple, seul souverain de Côte d’Ivoire, de choisir le président qu’il faut à la Côte d’Ivoire. Je voudrais vous dire que je ne me bats pas seulement pour que si Alassane tombe, je sois président, ce n’est pas cela qui m’intéresse. Je ne suis pas un obnubilé du pouvoir, ce n’est pas une obsession. Je me bats pour la Côte d’Ivoire.

Si c’est le pouvoir que je voulais, Alassane n’aurait jamais été président de la République. Le jour que l’on a arrêté le président Gbagbo, le président Bédié et Gbagbo étaient sous m’a sécurité. J’aurais pu prendre le pouvoir. Ce n’est pas ça qui m’intéresse. Et ceux qui me connaissent à l’Université savent que je suis contre les présidences à vie depuis longtemps. Vous pouvez le demander au président Laurent Gbagbo. Quand j’étais à la tête de la Fesci, j’ai fait mon premier mandat, il avait voulu que je fasse un deuxième mandat, j’ai dit non et je suis parti.

Dans ma vie, il y a des moments de démission que j’assume. C’est pourquoi, Ouattara ne me connaissait pas bien. Il pensait qu’avec le petit poste de président de l’Assemblée Nationale, là, il allait me prendre et me trainer comme une caniche comme les autres. Et j’ai dit non et je suis parti. Et j’ai assumé. Je l’ai entendu dire, ce matin, qu’il allait me donner la prison à perpétuité. J’ai lu cela, ce matin. Je ne veux pas utiliser des mots graves. Je ne sais pas si c’est la sénilité. Comme Alassane n’est jamais allé en prison, c’est pourquoi, dans sa bouche, prison est facile. Mais Dieu inscrit dans le destin de chacun. J’espère que Dieu a écrit dans son destin, prison.

Et il ira en prison et verra ce que c’est que la prison. Moi je vous dis, il faut que nous nous mobilisions sur le terrain. Pour moi, Alassane, c’est fini. Il faut que les Ivoiriens ne se trompent pas de combat. Alassane a voulu faire en sorte que les régions s’unissent contre le nord. Mais le nord n’est pas votre ennemi. Moi je suis du nord. Ce ne sont pas les Dioula qui tuent les gens mais c’est Alassane et son Rhdp. Quand Alassane ira, nous ferons la réconciliation entre nous pour ne pas qu’il y ait le nord, le sud, l’est et l’ouest, mais qu’il y ait un peuple de Côte d’Ivoire.

Alassane fait cela pour montrer à la France et aux Nations Unies que c’est lui seul qui est à même de garantir la stabilité. Il dit que s’il n’est pas là, les ethnies vont s’entretuer, c’est ce qu’il veut leur faire passer comme message. Ne nous trompons pas et ne l’aidons pas dans son combat. Nous devons montrer que le seul problème de la Côte d’Ivoire, c’est Alassane Ouattara et tant qu’il sera en Côte d’Ivoire, il n’y aura pas de paix encore moins de stabilité. Il faut que nous le disions et il faut que l’occident le comprenne, il faut que les Nations Unies le comprennent.

Tant qu’Alassane sera en Côte d’Ivoire, il n’y aura jamais de paix. Il dit que moi je suis allé à Dabou. Est-ce que moi j’ai besoin d’aller à Dabou pour dire aux gens qu’ils sont en train de vous tuer, défendez-vous ? Il veut distraire les gens, ne vous laissez pas distraire. Alassane pensait que j’allais aller dans le sens de coup d’Etat et il allait dire aux blancs que je vous ai dit que ce monsieur-là, c’est un éternel putschiste. Je ne suis pas allé dans ce sens-là, je l’ai dribblé. Je suis allé sur le terrain du droit où il ne m’attendait pas et je l’ai battu de façon cinglante à deux reprises, et au plan de la diplomatie, lui, il est président, moi, je suis chômeur mais à la Cedeao, nous avons divisé les présidents.

Lui, il a ses présidents dedans, moi, j’ai mes présidents dedans. Et puis on se lutte dedans. Au niveau diplomatique, je lui ai arraché les Etats Unis, il ne peut plus rien dire là-bas. Ici à Paris, on s’est battu, moi j’ai pris le président Macron, lui, il a pris Le Drian. Au plan politique, il racontait à tout le monde que le Rhdp unifié avait tous les partis. Mais là encore, je l’ai battu. Le président Bédié et moi, nous nous parlons tous les jours, le président Gbagbo et moi, nous nous parlons toujours les jours, le président Affi, le président Mabri… nous nous parlons tous les jours.

Toute l’opposition est unie et ensemble. Il reste lui seul. Chers amis, je suis venu vous dire, n’ayez aucune crainte, n’ayez aucun doute. Je suis là, mais je me tais parce que j’ai des aînés qui sont là et ce sont eux qui doivent être au-devant et être honorés. Mais sachez que jamais je ne lâcherai pas. Alassane m’a déclaré la guerre. Il dit qu’il va me mettre en prison à perpétuité. Dites-lui que j’ai entendu, le peuple Senoufo a entendu, le peuple de Côte d’Ivoire a entendu, les peuples africains ont entendu.

Voici quelqu’un, tu n’es même pas encore élu, tu menaces les gens. Il dit, s’il est élu, le président Bédié va aller en prison. Dites-lui que c’est lui qui ira en prison. Moi, j’ai pitié pour Ouattara et il ne se rend pas compte car il a trop remonté les Ivoiriens. Si moi Guillaume Soro, j’ai été en dévotion pour Ouattara, je suis en mesure de parler comme cela et les autres. Et il ne se rend pas compte et personne ne lui dit de faire attention car quand on est Chef de l’Etat, tout n’est pas permis.

SOURCE: Ivoir’Soir.net

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