Kobenan k. ADJOUMANI : L’alliance entre le PDCI de BEDIE et le FPI de Gbagbo est une escroquerie politique

Kobenan k. ADJOUMANI : L’alliance entre le PDCI de BEDIE et le FPI de Gbagbo est une escroquerie politique

Le Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire d’Henri Konan Bédié ont procédé, le jeudi 30 avril 2020 au siège du parti septuagénaire à Cocody, à la signature d’un accord cadre de collaboration relatif au processus de réconciliation nationale. Pour le porte-parole principal du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, Kobenan Kouassi Adjoumani, cet accord entre ces deux caciques de l’opposition est une arnaque politicienne.

La signature de ce « document cadre de collaboration portant projet de réconciliation des Ivoiriens pour une paix durable » entre ces deux partis d’opposition laisse croire à Kobenan Adjoumani que ces formations politiques « ne savent plus à quel saint se vouer et sont vraiment à la croisée des chemins». D’où cette affirmation du porte-parole principal du parti au pouvoir : « cette alliance entre le PDCI version Daoukro et le FPI version GOR est une escroquerie politique». Selon lui, cette « nouvelle trouvaille et comédie politique » a été orchestrée par les deux formations politiques de l’opposition radicale avec pour acteurs principaux Maurice Guikahué et Assoa Adou et pour metteurs en scène leurs chefs respectifs.

« Elles se proposent en effet, après avoir échoué sur tous les tableaux politiques, de sceller la réconciliation véritable (?) entre les Ivoiriens. Normalement, l’on devrait s’en féliciter. Mais là où le bât blesse, c’est que voilà des gens qui refusent obstinément ou qui affichent une incapacité notoire à se réconcilier avec eux-mêmes, au sein de leurs formations politiques respectives et qui veulent réconcilier tous les Ivoiriens.

Ils auraient même, pour faire sérieux, élaboré un schéma, une sorte de modus operandi, une recette magique pour réaliser le miracle de la réconciliation », a-t-il critiqué. Adjoumani a justifié ses propos par la crise au sein du parti à la rose avec ses deux tendances, pro-Gbagbo et pro-Affi. « De son côté, Guikahué n’arrive pas à réconcilier le PDCI avec lui-même. Il ne parvient pas non plus à faire la paix avec KKP et KKB et de nombreux élus et cadres du parti. Pour preuve, la saignée continue au sein du PDCI-RDA. Quatre maires, délégués départementaux du PDCI dans leurs localités d’origine viennent de claquer la porte du parti doyen pour rejoindre le RHDP, le grand parti de la fraternité ivoirienne.

Et nous affirmons que cette ruée des militants du PDCI vers le RHDP doit se poursuivre, parce que tout simplement ces derniers ont du mal à accepter une alliance entre le PDCI et Laurent Gbagbo, l’adversaire irréductible du Président Houphouët-Boigny », a-t-il renchéri avant de demander quel programme de société le FPI, parti de gauche et le PDCI, parti de droite, peuvent-ils conduire ensemble ?

Par ailleurs, il a indiqué que les deux ex-présidents ont oublié d’associer l’ex-chef du Parlement, Guillaume Soro, à cette initiative. Poursuivant, Adjoumani sur les différentes alliances du PDCI.

« Quant au PDCI-Daoukro pour qui la fin justifie désormais les moyens, il n’est pas inutile de rappeler qu’en un temps record, il a scellé et brisé des mariages à la vitesse de l’éclair, parfois, avec des « conjoints » qui sont des rivaux idéologiques. En effet, après avoir décidé de façon unilatérale de tourner le dos au RHDP, pour des raisons d’intérêt personnel, le Président du PDCI-Daoukro a d’abord voulu faire le grand saut avec Guillaume Soro, avec qui il a scellé un bruyant mariage au son de la fanfare à Daoukro.

A l’occasion il avait même esquivé des pas de danse en compagnie de celui qu’il appelait son « brave fils ». Dans la foulée, le Président du PDCI-Daoukro avait tenté une idylle amoureuse avec Pascal Affi N’Guessan, le président du FPI, avant d’abandonner ce dernier sur le chemin pour se retrouver dans les bras de Laurent Gbagbo à Bruxelles. Il n’est pas exagéré de dire que le président Bédié a presque forcé la main au président Gbagbo.

Car, en réalité, que peut présager l’union entre un homme de droite et un irréductible homme de gauche, c’est-à-dire, deux hommes qui n’ont pas la même vision de société ?», a-t-il dit. A leur croire, le dessein de Laurent Gbagbo et Bédié est avant tout une alliance de circonstance contre le RHDP dans la perspective de la prochaine élection présidentielle. « Le projet de réconciliation n’est qu’un vil prétexte, un alibi, une escroquerie politique, sans plus. Même s’il doit s’allier au diable pour écarter le RHDP du pouvoir, Guikahué, le manipulateur, n’y voit aucun inconvénient », a-t-il insisté.

C’est pourquoi, l’enseignement qu’il a affirmé est « qu’ils ont finalement pris conscience de leur faiblesse devant le grand RHDP du président Alassane Ouattara qui gagnera à coup sûr au premier tour de l’élection présidentielle d’octobre 2020 avec son candidat Amadou Gon Coulibaly, redouté de tous». Par ailleurs, en plus d’être un mariage forcé, Adjoumani a jugé l’union entre Gbagbo et Bédié illégal. « Car, au strict plan légal, Laurent Gbagbo n’est plus fondé à engager l’entité FPI sans l’accord de M. Affin N’Guessan qui en est le président légitimement reconnu. Ce dernier a donc toute la latitude pour poursuivre en justice Laurent Gbagbo et ses Gor pour faux et usage de faux », a-t-il expliqué.

De son point de vue, en s’engageant dans cet accord, les présidents Bédié et Gbagbo ont eux-mêmes abdiqué devant l’exigence de la rigueur et de la cohérence qui devraient guider toute action politique en rapport avec la vision qui la sous-tend. « Car, comme on le dit souvent, la politique est avant tout une affaire de principe adéquat et établi, avant d’être une affaire de tactique électorale », a-t-il conclu.
auteur : ivoirtv.net

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JN