OUATTARA-BÉDIÉ, DIALOGUE ROMPU ?

La promesse faite par les présidents Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara de se rencontrer à nouveau pour une reprise du dialogue tarde à prendre forme.

Leur rencontre à l’hôtel du Golf dans la commune de Cocody le mercredi 11 novembre dernier, a été  un élément déclencheur dans l’arrêt des violences dans lesquelles la Côte d’Ivoire avait à nouveau plongé. Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié venaient ainsi « de briser le mur de glace et de silence » qui s’était installé entre le pouvoir et l’opposition politique. Les deux hommes d’Etat avaient aussi donné une note d’espoir pour le retour d’une paix durable.

La main presque sur le cœur, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara ont fait la promesse de se retrouver en personne et continuer de se fréquenter pour donner des chances d’une reprise du dialogue politique en panne dans le pays depuis des mois. Un mois et demi sont passés. Le calme est revenu dans l’ensemble du pays. En revanche, aucun signe visible d’un nouveau rapprochement Bédié-Ouattara n’est évoqué. Chacun des deux hommes d’Etat met plutôt sur la table sa vision du dialogue.

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C’est d’abord Henri Konan Bédié le premier à donner les signes. Le 20 novembre, alors qu’il recevait une délégation à sa résidence d’Abidjan Cocody, le président du PDCI-RDA par ailleurs chef de fil de l’opposition formulait des exigences avant des retrouvailles éventuelles avec le président ivoirien.

« Le dialogue qui s’était amorcé à l’Hôtel du Golf, vous en avez entendu parler. Depuis quelques jours vous n’entendez plus rien, pour des raisons précises. Il n’est en effet pas possible de continuer ce dialogue sans la libération de tous nos militants, tous nos cadres incarcérés. Il n’est pas possible de continuer ce dialogue sans la levée du blocus qui assiège encore quelques-uns d’entre eux comme Hubert Oulaye.

J’ai donc suspendu ce dialogue, jusqu’à ce que nos frères soient libérés. J’ai suspendu également ce dialogue jusqu’à ce que ceux qui ont été forcés de fuir à l’étranger opèrent un retour sécurisé chez nous. Ce sont là des préalables non négociables et je pense bien que, dans quelques jours, ces différentes libérations seront faites pour que nous puissions reprendre le dialogue pour la parole qui a été rendue entre Alassane Ouattara et moi-même », avait déclaré Henri Konan Bédié.

Le président du PDCI renchérit plus tard le 8 décembre avec une proposition au chef de l’Etat. Alors que l’idée d’une discussion à deux reste sur la table, Henri Konan Bédié lui suggère un dialogue inclusif. « (…) Je propose dès maintenant et urgemment en accord avec toute l’opposition, l’organisation d’un dialogue national en lieu et place du tête-à-tête Bédié Ouattara, car l’enjeu en cause, c’est celui de la Côte d’Ivoire…

Ce nouveau cadre du dialogue qui verra la participation de toutes les forces vives de la nation et qui sera encadré sur le territoire ivoirien par des organisations internationales crédibles spécialisées en la matière dont l’Onu, remplace évidemment le CNT que l’opposition ivoirienne avait initialement proposé », soutient Henri Konan Bédié.

En face, la réaction d’Alassane Ouattara ne se fait pas attendre. Le président réélu et contesté par l’opposition annonce un dialogue dans un format qui tranche d’avec celui proposé par Bédié. A savoir des discussions entre le gouvernement et les partis politiques ainsi que des acteurs de la société civile.

« J’ai instruit le Premier ministre de reprendre les discussions avec les partis politiques pour mettre en œuvre les recommandations de la CEDEAO relatives à la Commission électorale indépendante dans la perspective de la tenue des élections législatives dans le courant du premier trimestre 2021, afin d’être en conformité avec le calendrier de la mise en place des institutions de la 3è République », avait indiqué le président ivoirien le 14 décembre lors de sa cérémonie d’investiture.

Le dialogue Ouattara-Bédié serait-il rompu ? Les modèles de discussion étant différents chez l’un et l’autre, la question de la poursuite des échanges en présentiel entre les deux hommes d’Etat  se pose.

Richard Yasseu

7info.ci

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