Pascal Affi N’Guessan a révélé avoir financé à hauteur de 20 millions Fcfa les opérations de désobéissance civile, et de boycott de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020

Pascal Affi N’Guessan a révélé avoir financé à hauteur de 20 millions Fcfa les opérations de désobéissance civile, et de boycott de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020
Affi N’guessan devrait être présenté ce mercredi 30 décembre 2020 à un juge d’instruction, après son arrestation dans la nuit de vendredi à samedi 7 novembre dernier à Akoupé, pour son rôle joué dans la mise en place d’un Conseil national de transition (CNT), à l’issue du scrutin présidentiel qui a sacré Alassane Ouattara.
Au moment où Pascal Affi N’Guessan, président du Fpi, était incessamment annoncé le mercredi 30 décembre 2020 pour être devant un juge, des langues se sont davantage déliées sur ce qu’il a dit lors de son audition par la police le 7 novembre 2020.
Lors de son interrogatoire Pascal Affi N’Guessan a révélé avoir financé à hauteur de 20 millions Fcfa les opérations de désobéissance civile, et de boycott de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020, sans pouvoir se prononcer sur la contribution financière des autres leaders politiques, notamment le Président du Pdci Henri Konan Bédié.
La zone d’Abidjan, les régions de l’Est, du Centre-Est (Bongouanou, Morounou, N’Zi et Iffou), la région du Goh, et du Guemon ( Bangolo et Duékoué particulièrement), ont été les bénéficiaires de ces 20 millions de Fcfa destinés, selon lui, aux communications téléphoniques, à la restauration et à quelques déplacements des militants dans le cadre de la désobéissance civile.
Rejetant toute responsabilité dans les événements survenus, le natif de Bongouanou qui a révélé être fils unique de sa mère et de son père dont il tient deux demi frères, a accusé le Rhdp : « Ce ne sont pas les manifestations pacifiques qui ont engendré la destruction de biens publics et privés, des morts, des blessés, des troubles à l’ordre public et des affrontements intercommunautaires.
Tous ces faits sont imputables aux miliciens du RHDP qui ont chaque fois attaqués les manifestants pacifiques et aux mains nues. C’est pour cette raison, que le grand nombre de victimes se compte dans les rangs des militants de l’opposition.
Si le RHDP nous avait laissé manifester pacifiquement, il n’aurait eu ni violence, ni morts, ni dégâts matériels.
Nous n’avons donc aucune responsabilité dans les violences qui sont survenues. Au contraire, nous en sommes les victimes ».
Faisant le portrait-robot de ce qu’il qualifie de milicien du RHDP, Affi N’Guessan a expliqué que le milicien du RHDP est dans 80°/° des cas, un ex rebelle qui n’a pas bénéficié du programme de réinsertion d’une part , et d’autre part des « loubards » dans 20°/°.
Le milicien du RHDP opère selon Pascal Affi N’Guessan , à visage découvert en groupe ; à pieds, à moto, quelquefois dans des pick-ups, armées de gourdins, de machettes ou d’arme à feu.
« Il marche d’un air martial, sûr de lui adossé à l’impunité dont il sait jouir du fait de son appartenance au RHDP », a soutenu le Président du Fpi.
Dans l’attente de la suite de la procédure en vue d’un procès éventuellement, Pascal Affi N’Guessan pourrait bénéficier d’une mise en liberté provisoire, selon des recommandations rendues publiques le mardi 29 décembre 2020 du dialogue national entre le pouvoir et l’opposition, même si les participants à ce dialogue national ont mis l’accent sur la lutte contre l’impunité en politique.
Charles Kouassi
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