Présidentielle 2020 : face à l’entêtement de l’opposition et du pouvoir, faut-il craindre le pire ?

Présidentielle 2020 : face à l’entêtement de l’opposition et du pouvoir, faut-il craindre le pire ?

La présidentielle ivoirienne est prévue pour se tenir le 31 octobre 2020. A quelque jours de cet important rendez-vous, l’environnement préélectoral n’est pas des plus rassurant. Opposition et pouvoir se tiennent par des discours de défiance malgré les appels à l’apaisement.

La prochaine présidentielle ivoirienne approche à pas d’éléphant. Dans quelques jours, précisément le 31 octobre 2020 sauf changement, les ivoiriens seront une fois de plus appelés à élire le prochain président de la République à qui ils confieront les rênes du navire ivoire. Contrairement à la première élection après la crise préélectorale de 2010, l’environnement sociopolitique ivoirien avant la présidentielle de 2020 est fortement tendu, laissant planer le spectre de violences le jour du scrutin où même après.

L’opposition ivoirienne estime que la candidature d’Alassane Ouattara est illégale parce que anticonstitutionnelle, et pointe le processus électoral. Elle manifeste depuis, pour une réforme complète de la CEI, d’une reforme du conseil constitutionnel, mieux, du retrait de la course à la présidentielle du candidat du RHDP M. Alassane Ouattara. Il n’en est pas question pour le RHDP. Selon le parti au pouvoir, la candidature d’Alassane Ouattara est belle et bien en règle avec la constitution ivoirienne, et n’envisage même pas reporter le prochain scrutin présidentiel.

L’opposition ivoirienne constituée de candidats recalés et retenus à la prochaine élection présidentielle ont décidé de se mettre ensemble pour faire barrage au troisième mandat d’Alassane Ouattara et d’obtenir une reforme du processus électoral pour une élection présidentielle consensuelle, paisible et transparente.

Pour marquer le pas et montrer leur unité d’actions, l’opposition ivoirienne avec à sa tête Henri Konan Bédié, vont lancer un mot d’ordre de désobéissance civile. En face, le pouvoir semble décider à aller jusqu’au bout. << Pas question de négocier le retrait de notre candidat, pas question de reporter la présidentielle, le conseil constitutionnel travaille assez bien déjà >> déclarait Adama Bictogo, secrétaire exécutif du Rhdp sur les antennes de RFI.

Le président de la République Alassane Ouattara, candidat du Rhdp, a lui même laissé entendre à l’occasion de sa visite présidentielle dans la région de la Marahoué que << la présidentielle prochaine sera tenue a date, en respect du calendrier électoral.>> En réponse au mot d’ordre de désobéissance civile et de  » menaces voilées  », Alassane Ouattara va durcir le ton: << les élections auront bien lieu le 31 octobre prochain et ceux qui tenteront quoique ce soit me trouveront sur leur chemin >> a-t-il répondu subtilement à son ancien poulain Soro Guillaume Kigbafori.

En effet l’ancien président du parlement ivoirien Soro Guillaume, candidat recalé à la présidentielle prochaine, continue de déclarer que << la présidentielle prochaine n’aura pas lieu tant qu’Alassane Ouattara est candidat >>

Cette situation tendue entre opposition et pouvoir à vite interpellé les organisations internationales dont les nations uniesAmnesty international, la Commission nationale des droits de l’homme. Ces organisations appellent toutes la classe politique ivoirienne au dialogue, à trouver un consensus pour déboucher sur une élection présidentielle pacifique, inclusive, participative et crédible.

Force est de constater que la tension continue de monter, les différentes officines restent campées sur leurs positions. L’opposition promet huiler la machine pour donner du tonus à la désobéissance civile, le pouvoir menace de réagir face à tout appel à manifester. Selon certains observateurs de la vie politique ivoirienne, le pouvoir en place pourra se féliciter

si l’opposition faiblit. Par contre, le pouvoir appellera a discuter pour un consensus si l’opposition met une pression qui fait réagir la communauté internationale quant à l’intérêt d’un environnement stable.

Bema Aboubacar.

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JN